Pour son 3ème album solo, Benjamin Biolay explore les bas fonds de l’âme. Un album énervé, énergique, ou des guitares saturées se heurtent à des chœurs d’enfants, ou quand « Les Choristes » se font massacrer façon Columbine. En pessimiste patenté, Benjamin Biolay nous jette à la gueule un album d’une noirceur extrême. Les peines de cœur, les déceptions et la folie du monde sont ici abordées, accompagnées par une musique moins chiadée qu’à l’habitude, plus instinctive et plus brute. Le seul bémol de l’album est le titre en duo avec Françoise Hardy, qui n’est pas à la hauteur de ces deux grands artistes.
Ce disque reste à ce jour le meilleur de Benjamin Biolay.
A l’origine il y avait un personnage contesté, à l’arrivé il y a un artiste au talent incontestable.
Avec ce second album, Benjamin Biolay confirme ses talents de mélodiste et d’arrangeur. Il nous offre un double album aux arrangements chiadés et un peu rétro. L’album s’ouvre sur « Billy Bob à raison », titre désabusé, racontant le parcours sanglant du célèbre serial killer américain Ted Bundy. Le ton est donné ! Benjamin Biolay s’offre un duo avec Chiara Mastroianni dont la fêlure vocale s’intègre parfaitement dans cet univers.
Des chansons aux dimensions « tubesques » comme « Chaise à Yokyo », « Little Darlin » ou « Bain de sang » côtoient des titres qui sont les véritables joyaux de cet album : « Glory Hole » ou encore « Negatif ». Les textes sont plus travaillés que sur le premier album et tous teintés d’une saillante noirceur. Benjamin Biolay est avec cet album à l’apogée de ses talents d’arrangeurs, avec un souci du détail sonore bien placé qui fait mouche.
Si la comparaison avec Gainsbourg est évidente, elle est cependant réductrice pour définir cet artiste aux multiples facettes.
